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Collection Parcours N°01

Mac Val • Vitry Paris  •  France [FR] 15 Nov  | 2005 • 31 Jan | 2007

Le premier accrochage de la collection permanente du MAC/VAL, articulé autour d’un scénario thématique, privilégie un dialogue sensible des œuvres les unes avec les autres et prend le parti de l’expérience du spectateur. Les matériaux constitutifs des œuvres étant le premier vecteur de cette expérience, le CQFD s’organise autour des catégories: Peinture/Sculpture/Dessin/Photographie/Vidéo/Installation/In situ. Ces entrées mettent en évidence les processus de création à l’œuvre dans l’art actuel mais aussi,en contrepoint,soulignent combien la création vivante met ces classements à l’épreuve, ne cessant de s’affranchir des classifications pour mieux les interroger. Ainsi, on découvrira une sculpture accrochée au mur, des photographies constituant une installation, une vidéo s’essayant à la peinture…

Melik Ohanian précise souvent qu’il travaille avec un médium qui appartient au temps. Ce médium, c’est la vidéo. Il utilise des cubes d’images, un «mur d’images» qui place le travail de Melik Ohanian dans l’espace. L’œuvre est avant tout une sculpture dans l’espace, un assemblage en volume d’images animées sonores. On hésite entre sculpture, installation, vidéo,
musique… Il fragmente l’image en mouvement sur neuf moniteurs. Neuf paires de mains, des ouvriers arméniens qui cherchent du travail, et qui louent leurs «mains» sur un marché. On demande ensuite à ces mains de claper une fois, c’est le seul labeur qu’on leur demande. Chaque clap est samplé (c’est-à-dire qu’on en fait un échantillon sonore, un «clap»). Ilmixe ou mélange ensuite les neuf sons, pour produire trois mélodies diffé- rentes. En louant cette main d’œuvre 1$ la journée, le salaire journalier pour cette «res- sourcehumaine», il pointe les dysfonctionnements d’un système. Aussi, on peut iden- tifier cette installation comme une galerie de «portraits» , qui renvoie plus à la fonc- tion de ces hommes (des manouvriers) qu’à leur représentation,car en général,on défi- nit un portrait par les parties dites «nobles» du corps: le visage… et les mains. Ici, point de visage, uniquement neuf paires de mains qui disent leur sentiment de désoeuvrement. The End?
«Les mécaniques de la destruction»
Artiste engagé, Matthew Herbert utilise comme Melik Ohanian le sample pour traiter des dysfonctionnements des systèmes mis en place dans nos sociétés. Matthew Herbert est un musicien qui travaille essentiellement dans le champ de la musique électronique mais qui n’hésite pas à mettre en relief l’artificialité des frontiè- res entre les genres. On l’a vu évoluer sous différents noms, tels que Doctor Rockit, Wishmountain, Mr Vertigo, etc. Il conserve son indépendance de «ton» et de «son» en créant son propre label (Accidental Records). Son matériau de prédilection est le sample. Sous le nom de Radio Boy, il utilise pour ses samples des objets sources «explicites» (la nourriture McDonald, des vêtements GAP, un discours de Henry Kissinger, des chaussures Nike…) pour protester contre les excès de la société de consommation, de la culture «Entreprise». Son album The Mechanics of Destructionexprime cette colère. Le CD était distribué gratuitement aux concerts et disponible en téléchargement gratuit sur le net. Herbert pense sa musique non seulement comme un divertissement mais aussi une manière d’informer. Il détourne avec le son, comme Melik Ohanian a pu le faire avec l’image et le son, des objets ou des actes à la base anodins, mais qu’il recharge politiquement.

Artists : Claude Rutault, Pierre Soulages, Peter Stämpfli, Jérôme Basserode, Étienne Bossut, La Photographie, Valérie Jouve, Annette Messager, Stephen Dean, Melik Ohanian, Claude Lévêque, François Morellet, Pierre Buraglio, Christian Jaccard, Jean-Luc Bichaud, Felice Varini

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